Le lien mère-fille

Sur une musique d’Oskar Schuster

Puisque j’ai parlé de mon clan paternel, je dois, je crois, rééquilibrer un peu l’énergie en vous partageant celle du clan de ma mère. Ma mère qui est originaire d’un autre coin de la France. Un coin qui pour le coup, a vécu des horreurs liées à la guerre contre les nazis. Je ne suis pas du tout spécialiste de cette époque mais quand on parle d’histoires d’horreurs évidemment les nazis sont pas mal bons là-dedans.

Avant de continuer, je dois partager un fait important de lien mère-fille. À la seconde où ma chronique sur la famille Termes était publiée, j’ai senti le besoin d’écrire celle-ci. Ce que je me suis empressée de faire. Quelque chose m’a hurlé de parler du clan de ma mère sinon elle allait se sentir oubliée. J’ai bien fait car peu de temps après, je recevais son commentaire. Toute une épreuve pour moi je vous le garantis. Ou une giga synchronicité en fait, pour m’aider à terminer cette-chronique-ci. J’ai donc approuvé le commentaire envoyé tel quel, et plutôt que de laisser mon ego s’enflammer comme à l’habitude, j’ai demandé la force de passer par-dessus.

Je dédie donc cette chronique à mon clan maternel, et surtout à toutes ces femmes perdues qui comme moi, doivent trouver en elles la force de trouver leur place dans le clan de leur mari. En chaque enfant vit une infinité de clans. Il est difficile pour certains de concevoir ceci mais l’énergie de chaque branche familiale coule en chacun de nous. Pour une symphonie qui chantera différemment dans les membres d’une même fratrie. Soyons sûrs qu’une des missions les plus importantes de notre vie est bien de surpasser les blessures humaines qui sont en chacun de nous et que bien que nos parents nous transmettent toutes les leurs, ils nous transmettent aussi la force de les honorer.

Revenons à ma chronique.

La beauté a survécu malgré l’horreur. Des familles entières ont été décimées, dans un camp comme dans l’autre. Les pianos ont été volés mais jouent encore. Ma grand-mère a gardé de lourds secrets de famille. Les collabos et les opposants se sont battus comme des sauvages. L’expansionnisme nazi a façonné le monde et de nombreux conflits actuels résultent de ça.

Les femmes ont un grand pouvoir en ce monde. Elles ont naturellement un lien fort avec la Terre. Beaucoup plus fort que les hommes. Le sang qui coule d’entre leurs jambes le leur rappelle chaque mois. Et la capacité que tu auras à connecter au divin, ton âme et ton intuition va dépendre cruellement de ta capacité à te lier à la Terre. Nos mères sont nos exemples d’enracinement.

Attention, je ne remets de faute sur personne. J’avance sereinement sur mon chemin. Et si cette chronique vous paraît décousue c’est parce que le lien mère-fille l’est souvent. Pourquoi ? Pourquoi est-ce si difficile de s’aimer entre mère et fille ? La relation que j’ai eue avec ma mère a parfois été très difficile. Aujourd’hui, beaucoup de chemin a été parcouru et je ressens désormais que la force du lien est puissante et sans limite.

Alors j’ai choisi de mettre de côté les querelles humaines pour laisser parler la force des clans. Me laisser guider. Peut-être que ce que nous voyons dans notre fille ou dans notre mère nous reflète tellement que ça nous effraie. Ça nous ramène à nos propres blessures que l’on ne veut pas voir. Les femmes sont sur Terre un peu comme la preuve que l’humain est fait d’un tout inconstant, fragile et chaotique.

Un tout fait d’émotions, de pensées, d’énergies et de connexions. Un tout relié à la Terre Maman et au Grand Esprit du Ciel. La connexion au divin n’est pas impossible chez les hommes mais les femmes y sont beaucoup plus sensibles. Est-ce pour ça qu’on lui interdit la plupart des religions ? Pour ça qu’on les enfermait dans des institutions à la moindre sensibilité un peu trop exacerbée ?

Je n’aime pas m’étendre sur les blessure vécues par les femmes au fil de l’Histoire. Ça me fait beaucoup trop mal. Décapitées. Brûlées. Noyées. Violées. Utilisées pour que la famille pros »père ». Et aujourd’hui, quand on la voit vivre des tornades hormonales et émotionnelles, on la laisse avec ce problème et on dit qu’elle est folle. J’ai moi-même souvent préféré me ranger du côté des hommes qui trouvaient que les femmes étaient folles et capricieuses.

Dis-toi que derrière chaque caprice et chaque montée de lait se cache une perte d’amour de soi. Nos filles ont besoin de voir que cette perte d’amour de soi est bien réelle et tout à fait normale. Nos filles savent de quoi il s’agit quand elles ont l’âge de comprendre la vie (je dirais entre 5 et 7 ans). Nos filles vivent la même chose. Mais une mère doit apprendre à sa fille à mettre des mots sur ses maux. En ne cachant surtout pas la vérité. En ne cachant surtout pas sa vulnérabilité. Vous n’avez pas idée du pouvoir des mots entre filles.

Chaque mot est teinté d’une énergie profonde. Le choix des mots est comme le choix des couleurs pour une jolie aquarelle. Le choix des notes sur un piano. La mélodie et le rythme des mots accompagne chaque douleur. La douleur, même celle vécue chaque mois au moment des menstruations, est une vérité humaine profonde. La vérité qui doit être transmise de mère en fille.

J’ai eu espoir de ne jamais vivre de douleur tant celle de ma mère m’a pourchassée étant petite. L’histoire du clan de ma mère n’est pas évidente. Je n’en connais qu’une infime partie et en plus je mélange tout à chaque fois, comme si mon égo refusait de vivre plus de douleurs. Mais la douleur nous suit. Et j’ai cruellement eu l’espoir que je pourrais juste l’effacer pour ne rien ressentir.

Oui c’est vrai qu’en se fermant complètement à notre sensibilité on met un frein à la douleur. C’est vrai. On se fait passer pour un homme. Un tough un qui trouve que tout est drôle et facile. Sauf que se fermer à nos émotions rocambolesques est un mensonge. Un mensonge qui nous ronge toujours plus profondément. Le mensonge est probablement la pire des choses que tu peux faire vivre à ton énergie. Et puis en bout de ligne à ton âme.

Ton énergie est ton enfant intérieur. Si tu lui fais croire que cette émotion-là n’existe pas ou n’est pas légitime, tu lui dis qu’Elle n’est pas légitime. C’est comme dire à ton bébé que ses pleurs ne sont pas vrais. Ne sont pas lui. N’existent pas. Que lui n’existe pas. C’est terrible comme croyance, ne pas exister. Ton âme connaît le pouvoir des croyances. Elle sait que l’énergie d’une croyance évolue en émotion, en pensée, en parole et puis en geste.

Je suis chanceuse d’être tombée sur un homme patient et dévoué pour m’accompagner sur mon chemin. Un homme qui a vu d’autres hommes ne pas savoir quoi faire avec les émotions manipulatrices de leur femme. Un homme qui a décidé de ne pas jouer avec ces comportement parfois malsains de femme qui manque d’amour pour soi. Mon homme n’alimente pas mon chaos intérieur. Quand j’exagère, il me le dit et ne lâche surtout pas.

Je dirais qu’aujourd’hui je suis une bien meilleure mère qu’il y a deux ou trois ans. Bien meilleure à tous les niveaux. J’ai su trouver en moi mon loup noir et mon loup blanc. Quand mon loup noir a faim, je le nourris avec ce que j’ai de plus doux. Hier on m’a conseillé de demander de l’aide quand je n’arrive pas seule à le calmer. De l’aide divine en fait. Merci pour ce merveilleux conseil. Et ce merveilleux soin.

Quand tout va bien dans ta vie mais que tu traînes les vieilles casseroles de ta mère avec toi et que tu ne sais pas trop quoi faire avec… Tu peux gentiment lui remettre déjà. Dans l’énergie je veux dire. De façon consciente, tu dis « ce ne sont pas mes casseroles, je te les rends ». Tu n’as pas idée à quel point on s’attache inutilement à des trucs énergétiques qui ne sont pas à nous et qui nous empêchent d’avancer. Puis tu n’es pas nécessairement obligée de tout prendre de ta mère humaine. Elle ne changera pas.

Ta mère dans l’énergie est très importante pour ton équilibre. Avant que je m’en rende compte, mon côté gauche était vide d’énergie. Un barrage que j’avais moi-même façonné pour ne plus ressentir la douleur de ma mère, empêchait l’énergie de circuler. Sec comme un désert. Ça a pris beaucoup de transformation intérieure pour couler à nouveau. Le programme de libération des cinq blessures, des constellations familiales, et bien d’autres.

Nos mères ont des dons qu’elles nous transmettent. Nos filles héritent de ces dons par la suite et la lignée des femmes perdure dans le temps et l’espace. La beauté du monde est ainsi faite. Le pouvoir de guérison, de transmutation et de donner naissance aux âmes. De libérer sur Terre des petits nous qui chaque jour grandissent et voient tout ce que nous sommes dans l’énergie.

L’amour de soi est une chose flagrante à voir dans l’énergie. Ta fille le voit à travers tes mots, tes gestes et tes émotions. Chaque jour et chaque minute. Même quand tu n’es pas avec elle. Ta mère aussi le voit mais d’un peu plus loin. Elle a gardé le lien avec toi malgré les embûches, le Voile ou les éventuels interdits. Son humaine a vieilli. A passé la ménopause et ses secrets énergétiques. Son voyage se raccourcit.

Normalement, elle a désormais sa place dans la tente rouge au côté des autres aînées, tous les jours à placoter du temps et des amants. Pardonne-lui et pardonne-toi. Les mots que vous avez échangés ne reflètent pas nécessairement l’amour profond que son âme a pour toi. Et toi pour elle. Vous avez choisi, l’une comme l’autre, de vivre cette vie de douleurs et de joies. Vous les avez partagées. C’était dur, trop dense et super loin d’être reposant.

Les nazis et les collabos n’ont pas fait taire tous les pianos du monde. Le piano de ma grand-mère résonne chaque jour en moi. Il me donne tant d’amour. C’est salvateur. Maman, ton clan est beau, puissant et chargé de secrets. De lourds secrets. Mais comme je l’ai dit dans la précédente chronique, les histoires de familles sont là pour aider nos âmes à évoluer vers le lien divin. Toujours plus haut. Notre clan est une force, pas une prison.

Il n’est pas utile de connaître le détail des histoires. Seulement se permettre de voir leur étendue et les accepter. Les reconnaître dans l’énergie. Rendre les valises pleines de bobos. Exploser les barrages. Laisser couler l’énergie pour que circule l’amour comme au premier jour. Je vous souhaite, à toutes, de vous ouvrir à votre clan maternel comme je l’ai fait. Rien n’arrive JAMAIS pour rien.

Tout vient à point à qui sait s’étendre.

Merci de me lire.

Maman je t’aime.

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Avatar de Marion Séguy

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Une réponse à « Le lien mère-fille »

  1. Avatar de Isabelle Fournier

    Quel magnifique texte… Merci pour ces mots si riches 🥰

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