La famille Termes

Ton clan est ta force et non ta prison

Il est des histoires de chevaliers que l’on n’aime conter que lorsqu’elles sont belles, honorables et dignes d’une légende. La mienne est l’histoire d’un chevalier qui est avant tout un humain. Un humain qui a eu des choix terribles à faire dans sa vie et qui, j’ose le croire, a pu souffrir de ces choix. L’histoire que je vais vous conter n’est pas celle que certains d’entre vous connaissent très bien, car je ne suis pas plus historienne que médecin, encore moins spécialiste du moyen âge. Mais quand les lignes de temps s’entremêlent, on voit resurgir de vieilles histoires de familles. À vous tous qui appartenez à un village comme le mien, mon souhait avec cette chronique n’est pas d’écrire ou de réécrire l’Histoire. Non, je crois que ce que j’ai besoin de partager avec vous c’est avant tout une histoire de famille, ou plutôt j’aime mieux parler de clan, celui qui persiste malgré le temps. À travers cette chronique, j’aimerais vous montrer comment les histoires de famille les plus difficiles peuvent non seulement traverser les âges, mais surtout permettre au clan de nettoyer de graves blessures intergénérationnelles et avancer. Comme beaucoup de monde je crois, cette histoire-là me touche profondément et la raconter m’aide probablement un peu à transcender ma propre histoire. Alors j’aimerais vous la conter selon ce que je ressens et surtout ce que je reçois. Pour cette chronique-ci, je vous invite à vous connecter à moi (pensez oui je le veux), afin que tous ensemble nous voyions la grandeur et la force de nos clans respectifs. Afin aussi que les blessures soient vues et honorées pour ce qu’elles sont, des chemins de croisés qui nous permettent d’avancer toujours plus haut vers l’amour divin. L’amour de soi.

Mon château et ses quelques murs qui tiennent encore debout.

Je suis originaire d’un village dans le Sud de la France. C’est un tout petit village niché dans le creux d’une toute petite vallée. Mon village a un attrait touristique particuliers : un château médiéval le surplombe. Perché sur son roc immense, le château de Termes a été conçu pour affronter les guerres et les périls. Avec les photos que je vous partage, vous devez vous dire que ça ne ressemble pas à l’idée que vous vous faites d’un château mais c’est normal, il a une histoire particulière. Sachez qu’il a longtemps appartenu au royaume de France et qu’en dépit de son intérêt stratégique pour protéger le royaume des attaques du sud (les musulmans ou les Espagnols c’est selon l’époque), il a fini par accueillir de nombreux trafiquants et autres bandits et on a choisi de le démolir en 1653 (et ça a pris un an !). 

Un clan a régné sur ce roc de nombreuses années. Loin des rois, loin des papes, loin de toute autorité ou pouvoir qui pouvait le restreindre dans ses libertés. Ce clan a su profiter longtemps de la générosité de la Terre. Beaucoup d’eau y coulait (le village de Termes était considéré comme « béni des dieux » dans cet environnement plutôt sec), mais pas seulement. Des collines verdoyantes pour le bétail, une barrière naturelle géante pour tout envahisseur qui vient du nord, les montagnes pyrénéennes pour ceux qui viennent du sud, et puis aussi, le minerai. Beaucoup disent que dans les temps médiévaux, les seigneurs du Sud croulaient sous l’or et d’autres métaux nécessaires pour remporter les victoires et vivre en paix. Il n’est pas difficile de penser que les seigneurs du nord enviaient beaucoup trop ceux du sud pour cette abondance. Et vous savez comme moi que la jalousie pousse parfois les gens à faire des choses terribles.

La porte nord qui mène au roc du Terminet, c’est mon endroit préféré du château, on peut pratiquement s’envoler à cet endroit.

On appelle ce coin de la France, aujourd’hui encore, le pays cathare, en mémoire d’un peuple fier qui a subi la colère des catholiques dans les années 1200 (on a la mémoire longue en France…). Bref, pour ceux qui ne connaissent pas les cathares, c’est un mot qu’on a donné à une branche de chrétienté qui a assez dévié des catholiques pour qu’un jour le pape les déclare « hérétiques ». Une guerre sanglante s’en est suivie. On l’a nommée, la « Croisade contre les albigeois » (les albigeois étant donc les cathares). Ce pan de l’histoire mériterait vraiment sa série Netflix, donc je vous invite à vous renseigner si ma chronique pique votre curiosité. Et pour ceux qui connaissent mieux que moi les faits historiques, je suis désolée si ma chronique est un peu trop romanesque. C’est ce que j’aime faire, écrire des histoires.

Nous sommes donc en 1209. Le pape Innocent III déclare la guerre à l’hérésie cathare dans le Languedoc (voir sur la carte de l’époque : le comté de Toulouse). Pendant 20 ans, le sang de mon pays va couler. Les massacres vont se succéder. Et le premier de la croisade aura lieu à Béziers où femmes et enfants vont mourir sous les armes des mercenaires engagés pour faire le sale boulot. Les généraux de l’époque avaient même reçu l’ordre : « tuez-les tous, Dieu reconnaitra les siens ». Véritable boucherie, les murs de la cité biterroise résonnent encore des atrocités vécues là-bas. Pourquoi une telle sauvagerie ? Parce qu’un pape s’est senti menacé par quelques personnes qui ont eu l’audace de prêcher une parole de Dieu différente de celle qui était acceptée à cette époque ?

Source Wikipédia : un peu de géopolitique médiévale européenne.

Avant cette atroce guerre, les seigneurs du Sud vivaient plutôt en paix et en abondance. Les seigneurs de ce temps doivent obéissance au pape et à ses évêques et en payent le prix. En échange d’une élévation vers Dieu, ses archanges et son paradis, les religieux ne tarissent pas de créativité pour justifier des sommes astronomiques dues par les seigneurs et leurs serfs. Ce qui me rappelle à moi que le commun des mortels est bien à la recherche constante de son lien divin. Si seulement ils avaient su que c’est en eux que ça se passe et non par un prêtre ou une cathédrale. Mais bref, loin des rois et des papes, petit à petit, est née une idée nouvelle plus simple et moins onéreuse, que l’on va considérer plus tard comme la religion cathare. En ce temps-là, les cathares s’appelaient entre eux les « vrais chrétiens ». Le catharisme menaçait directement le catholicisme car les fondements même de la religion étaient remis en question. Je n’ai pas particulièrement envie de vous partager ces fondements tant on comprend que la Terre et le corps humain ne sont honorés ni dans l’une ni dans l’autre. Seule l’élévation compte (allo les gurus médiévaux). Mais il y a une différence importante entre les deux : l’une prospère dans la richesse et les conquêtes alors que l’autre refuse la violence et se développe dans la pauvreté. Donc, à l’époque, quand un prêtre demande de l’argent à un seigneur, ce même seigneur ne doit rien au « Parfait » (l’équivalent du prêtre cathare). Il doit seulement l’héberger contre ses belles paroles (en plus il est végan donc il ne coûte vraiment pas cher). Quand je vois ça, je me dis que les seigneurs du Sud ont vu probablement là un bon moyen de se passer de dépenses inutiles. Et c’est peut-être le cas du seigneur de Termes de l’époque. Son nom, Raimond de Termes.

Raimond est un seigneur très sage. Profondément enraciné dans le roc qui l’a vu naître. Encastré j’aurais même tendance à dire. Pour lui, la force du clan est importante. Le bien familial. La terre qui porte ses ancêtres et doit porter les générations futures comme cela est depuis toujours. Raimond a un frère, Benoît. Peut-être un peu du genre rebelle. Benoît voit dans le catharisme une opportunité de développer sa propre spiritualité. Il sent que quelque chose cloche avec les catholiques alors pour mieux s’élever vers Dieu (il a ça en lui), il adopte les préceptes cathares de pauvreté et de simplicité et devient lui-même un Parfait. Comme ses semblables, il vit le plus souvent dans la nature et marche au gré des chemins afin de trouver hommes et femmes à éduquer et à élever vers leur spiritualité. Probablement parce que son propre frère a adopté une religion interdite, et parce que c’est ce qui se fait partout, Raimond permet aux « vrais chrétiens » de venir dans son propre château et les protège. Mais il sent au plus profond de lui que c’est téméraire. Même si les autres seigneurs font de même dans tout le comté de Toulouse, il a du mal à croire que le vent tourne ou que les catholiques vont tolérer les cathares encore bien longtemps… Alors il garde une foi inébranlable dans son roc, son clan et sa terre. Parce que c’est cette religion-là qui lui parle le plus. La Terre. Et puis aussi parce que les murailles naturelles de son château sont une forteresse imprenable.

Une des nombreuses reconstitutions du château que j’aime bien

Quand le Pape déclare la guerre aux cathares, Olivier, l’héritier de Raimond est un adolescent dans la fleur de l’âge. Beaucoup trop jeune pour l’horreur de cette guerre et pourtant assez vieux pour manier les armes et voir apparaître en lui l’étreinte profonde de l’injustice vécue par son peuple. Comme cela a toujours été, il succèdera un jour à son père et se verra attribuer la responsabilité de la gestion du château et des humains qui y vivent. Le 1er août 1210, Termes est assiégée par Simon (IV) de Montfort. Un baron de Paris qui porte assez de cruauté en lui pour mener une croisade à la gloire du Pape. Tout aussi stratège que cruel, on peut dire que Simon de Montfort et les siens ont su éradiquer le « problème cathare ». Ils n’y sont pas allés de main morte. Certains disent que c’était monnaie courante à l’époque, moi je dis que ce genre d’atrocités laisse des marques indélébiles dans la course du temps. Des souvenirs de bûchers, de massacres d’enfants et d’incendies se promènent en ces lieux, visibles dans les couches du temps. C’est noir pas à peu près. Et je ne crois pas que les humains de ce temps-là étaient moins sensibles aux atrocités que nous ne le sommes aujourd’hui. Je n’y crois simplement pas. Peu importe l’époque et le contexte, l’horreur reste l’horreur. Elle touche profondément les humains et joue avec l’Ombre (la vraie). Elle s’insinue dans les blessures émotionnelles comme une infection dans une vilaine coupure.

Mais bref, après plusieurs victoires assassines, Simon de Montfort arrive enfin au pied du roc qui porte le château de Termes. Raimond tremble, mais garde confiance.

La très célèbre fenêtre cruciforme

Même si la pluie a fait son œuvre cette année-là, le siège est trop long et les gens de Termes ne parviennent pas à remplir la citerne. Durant le siège, on s’active et on donne le meilleur de soi-même car l’assiégeant a très mauvaise réputation. Olivier observe ce qui se passe et apprend tout ce qu’il peut des vieux qui en ont vu d’autres, des sièges de ce genre. Il écoute. Il regarde. Il profite des derniers conseils de son seigneur et père. Même si la peur le paralyse parfois, l’injustice résonne en lui et il sent qu’il est taillé pour la guerre. Ça l’anime au plus profond de lui. Mais le siège s’éternise. Au quatrième mois, la citerne est vidée et Raimond envisage de se rendre. Une pluie libératrice tombe soudainement et le siège reprend alors que c’est du côté de Simon que l’on envisage la retraite. Œuvre du Mal ou assaillants très astucieux, la citerne est empoisonnée et les survivants tentent une ultime manœuvre pour sauver leur peau, la fuite. Raimond est arrêté et envoyé dans les geôles de la cité de Carcassonne pour son jugement. Son clan se voit dépossédé de son bien, et avec lui, ses rêves de lignée. Olivier est envoyé en pays catalan dans la famille de sa mère où il parachèvera son éducation et persévèrera dans l’étude de la guerre.

 Voici des images du siège de Termes selon Gauthier Langlois.

Jugée imprenable par les seigneurs occitans, Termes est pourtant tombée, et avec elle l’espoir de voir un dénouement en leur faveur. Pour son exploit, Simon de Montfort se voit attribuer le comté de Toulouse (toute une promotion quand on n’est qu’un simple baron). Encore une entourloupe d’un gars malfaisant qui a vu une super opportunité de se faire un paquet de pognon sous prétexte qu’on l’avait béni. Pis ça a marché. Tous les seigneurs lui doivent obéissance mais dans la pratique ce sera pas mal plus compliqué et les batailles vont durer encore des décennies. Ça la tête dure le monde du Languedoc.

Raimond meurt dans sa prison. Il n’a pas été pardonné d’avoir accueilli des hérétiques. A-t-il seulement demandé le pardon ? Benoît lui va survivre jusqu’à la fin de la guerre, dans le dernier château à donner refuge aux parfaits qui n’ont pas été brûlés vifs. Avant de mourir, il a pris le temps de parfaire l’éducation de son neveu Olivier qui, en grandissant, retourne dans son pays. Olivier quant à lui, va aimer la guerre. Se battre pour les siens. Il deviendra un chevalier luttant pour la cause cathare (un faydit). Il a perdu ce qui le rattache le plus à son clan (son père et son château) mais peu lui importe parce que l’injustice l’anime. D’ailleurs il a l’âge où les racines sont comme des leçons d’aînés sans grande valeur. J’ai moi aussi eu cet âge-là et l’audace de quitter ma terre ancestrale en croyant que mes racines n’avaient pas d’importance. Aux côtés de ses amis, il a tant combattu que son esprit stratège a atteint celui d’un chef de guerre capable de mener des attaques réfléchies et couronnées de succès. Seulement voilà. Il prend de l’âge et la guerre l’épuise. Est-ce qu’il se bat du bon côté ? En même temps, un nouveau roi a vu le jour. Plus jeune. Moins abrupt que son père. Il semble vouloir faire de son règne un exemple de dévotion catholique. On le nommera plus tard « Saint Louis ». Les batailles en Languedoc vont durer jusqu’en 1245 où les seigneurs du Sud vont finalement accepter une paix définitive.

C’est à ce moment qu’Olivier de Termes devient l’un des favoris de Saint Louis. Après d’importants exploits de guerre, le roi, en reconnaissance, lui rend le château de Termes. L’impensable se réalise. Raimond, du haut de roc, peut enfin revoir l’espoir de la continuité de sa lignée. Mais les blessures d’Olivier sont profondes. Très profondes. À l’intérieur de lui, il survit. Il ne voit plus son père et son clan comme une partie de lui mais plutôt comme quelque chose qui l’empêche d’avancer. Il se débarrasse finalement lui-même de son héritage et se dévoue entièrement aux catholiques et à leur foi en éradiquant une bonne fois pour toutes les derniers cathares, son oncle compris. Ce qu’on peut lire dans Wikipédia illustre la raison pour laquelle il a changé de camp : « En se ralliant à l’Église catholique et au roi de France, Olivier de Termes a entraîné avec lui tout son entourage, et a sans doute largement facilité certains des grands objectifs du roi de France et de l’Église : l’intégration du Languedoc à la France, la lutte contre l’hérésie cathare, la construction d’une Église moderne en Languedoc, et la lutte contre les musulmans. » Probablement aussi qu’on lui avait bourré le crâne de trucs du genre qu’il devait racheté les fautes de son clan pour ne pas aller en enfer.

Cette histoire, bien qu’un peu romancée pour l’effet, résonne en moi. Comme si la trahison que je porte en moi est un écho de celle d’Olivier envers Raimond et Benoît. Si je pouvais réparer des choses dans l’énergie, je montrerais à Raimond qu’une lignée peut s’épanouir n’importe où sur la planète. Que certes s’enraciner est plus aisé sur sa terre ancestrale, mais pas impossible ailleurs. Et à travers lui, je montre à mon grand-père et à mon père que leur lignée s’est enracinée jusque loin dans les forêts enneigées du Nord. Ensuite, je montrerais à Benoît que malgré les horreurs que les religions ont causées, des humains, un peu partout sur la planète, réveillent en eux leur propre spiritualité et que grâce à ça, l’Amour divin libère des âmes chaque jour (et nul besoin d’en mourir !). Enfin, je montrerais à Olivier comment je prends soin de mes propres blessures. Comment chacun d’entre nous est capable de les surmonter parce que chacun d’entre nous a en lui la force de le faire. Je lui dirais que lorsqu’on pardonne, c’est avant tout pour soi et non pour les autres, et que malgré les décisions qu’il a prises et les conséquences que ça a eu sur son héritage, Raimond et Benoît l’aiment à travers tout leur clan.

À mon prochain voyage, je ramène un morceau du roc de mon château chez nous, ici au Québec. Et en échange, pour montrer que l’énergie circule bien à travers l’Espace et le Temps, je planterais des arbres d’ici, là-bas, au pied de ce château qui nous a tous vus naître et grandir. 

La force d’un clan est profonde. Que ton âme soit de nature terrienne ou extra-terrienne, le corps humain que tu utilises pour cette vie t’a été donné pour une raison bien précise. Il porte les traces énergétiques et les mémoires de tout un clan avant toi et après toi. Ne sous-estime pas la force et l’amour que ce clan a pour toi dans l’énergie. Même si les membres de ta famille ont fait des choses si horribles qu’ils sont désormais morts à tes yeux. Même s’ils te tapent beaucoup trop sur les nerfs pour que tu puisses en profiter. Même si tu regrettes d’être partie. Je t’invite sincèrement à travailler sur ton clan. Par exemple en participant à des constellations familiales. C’est profondément libérateur et ça permet de voir les schémas émotionnels qui t’empêchent d’être toi. D’être pleinement dans ton corps. Parce que ton corps n’est pas une prison. Il est une antenne qui te permet d’atteindre le divin à chaque instant de ta vie. Un temple sacré. Ton temple sacré.

M’enraciner est toujours autant un défi pour moi et je ne suis pas particulièrement un bon exemple d’enracinement. Mon grand-père l’était, et je le remercie de me prêter cette force quand j’en ai besoin.  

Si des mots ont paru vous faire penser que je suis du clan des Termes, c’est parce qu’Olivier m’a conquise, comme il en a conquis plus d’un à ce jour, en vrai champion qu’il était (sérieux il mérite vraiment sa série Netflix). Mais même si ma famille est profondément ancrée dans le village et ses environs depuis très longtemps (au moins le 17e siècle je crois), il est pratiquement impossible de savoir de source sûre d’où on vient tant les histoires de fesse pullulent dans les secrets de famille. Bref, je me fous un peu de savoir si oui ou non les Séguy de Termes descendent de là. L’histoire d’Oliver résonne au plus profond de moi car je crois que tous les Termenais, les anciens, les nouveaux, les expat’ et les futurs, rêvent secrètement de savoir comment serait le village si Olivier avait choisi d’affronter ses racines et les blessures de son peuple et était resté au château. En ne cherchant pas la salvation ailleurs que dans son propre patrimoine. Je peux vous assurer que cette ligne de temps n’est pas si loin de la nôtre. Je m’y sens d’ailleurs très bien…


Merci de me lire.

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Une réponse à « La famille Termes »

  1. Avatar de mysticaltotally96e5cbee25
    mysticaltotally96e5cbee25

    Mon commentaire, que j’aurai bien aimé publier sur WordPress mais qui ne me le permet pas pour une histoire de mot de passe incorrect…

    Ma chérie, ton père et moi, attendris de t’entendre, venons d’écouter ton histoire, curieux de savoir jusque vers quelles étranges frontières elle nous conduirait…
    Ton Papa, toujours le mot pour rire au bord des lèvres, a conclu ainsi : n’aurions-nous pas dû l’appeler Olive… ?
    Moi, ta Maman, valeur auvergnate ajoutée en terre cathare, je me suis sentie un peu sinon exclue de ce clan, du moins étrangère pour n’avoir été, au final et malgré toute ta symbolique de la non appartenance à un sol mais à une lignée céleste (?) intergénérationnelle universelle comme celle de ton histoire, qu’une toute petite pièce rapportée au clan Séguy, sans avoir pu m’y fondre réellement… Trop fort était son « ego » !
    Déracinée de mon pays d’Auvergne je suis, démembrée de mes ancêtres je mourrais, les longues palabres des fins de banquets termenais, si elles m’ont souvent faire rire, ne m’ont jamais conquise pour « faire souche » à jamais en terre « cathare »… la preuve : même si toi et ton frère y revenez de temps en temps, vous en êtes bel et bien partis…
    Pour tout te dire, j’ai vu mon Papa, ton grand-père maternel, rendre l’âme… puis plus tard ma Maman, ta grand-mère maternelle, pour une espèce de dimension dont j’ai eu du mal, sur le moment, à mesurer la profondeur et le caractère définitif. A l’époque, je vous avais encore en charge, et j’ai beaucoup « procrastiné » en remettant le chagrin à plus tard…
    Puis je n’ai jamais fait ce deuil si important de la perte de mes parents, aussi déracinés que moi furent-ils, du moins pas aussi spirituellement que je l’aurais dû… Quant à mes ancêtres, « on » n’en parlait pas beaucoup chez nous, à l’instar de ta famille Termes, et pour cause : un aïeul manque à notre clan, ça faisait tache !… Ceci explique peut-être ton besoin d’enracinement… Quant à ta grand-mère Georgette, Sainte Femme parmi les saintes, nous pourrions encore l’entendre entonner son « Internationale des luttes familiales » tant elle a été spoliée de son « héritage » lozérien ! Pièces rapportées nous sommes dans ce clan, pièces rapportées nous restons : nos voix n’étaient pas assez fortes pour être entendues ! Nous aurons tout de même essayé !
    Et Olivier de Termes dans tout ça ? Ah ! oui… Affronter nos racines !
    L’esprit sans doute plus sensible à cause des antalgiques puissants qui exacerbent mes pensées et plombent ma solitude obligée, et parce que l’éloignement de toi m’est parfois douloureux, bien que tu te dises capable de traverser l’espace temps en pensée ce que je veux bien croire mais n’arrive pas à « sentir », (pourtant pas faute d’essayer !) ce n’est que maintenant en lisant ton histoire, que je prends la mesure de cette perte, pour être la dernière de mon clan auvergnat… l’avant-dernier étant ton oncle Gérard, de 8 ans mon aîné, donc sensé le quitter en premier (?) qui serait sans doute peiné de comprendre que tu as « oublié » ce pan de ta famille… la famille Bro / Mignard… ta famille Auvergne, de laquelle tu es autant issue que la famille Séguy / Mielgues, ta famille Termes !
    Je vois souvent Maman en rêve, Papa non, bizarrement. Son appel à l’aide m’éveille en me laissant des sueurs glacées dans le dos… Si j’avais pu la libérer de ses souffrances…!
    Sera-ce permis un jour ?
    De passage sur terre, ta Maman, avec tout son amour…

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