La soirée nocturne avec le Grand-Duc

Ce soir c’est le Super Bowl, papa est parti à sa soirée annuelle de gars pour voir l’évènement en grand écran. Moi personnellement le Super Bowl, bof. Mais on a quand même mangé des doigts de poulet fris, des patates frites et des bâtonnets de fromage fris, pour marquer le coup.

Ça fait un moment que j’ai envie de faire une petite randonnée nocturne avec mes enfants. Ça y est les bébés sont assez grands pour être capables de le faire. On s’habille donc avec nos habits d’hiver habituels pour ce mois de février.

Pour faire une écoute de hibou, la météo est parfaite : il fait légèrement froid (-7), il n’y a pas de vent et pour ajouter une touche de poésie au décor, il tombe une toute petite neige.

Février, c’est le moment où les gros oiseaux qui passent l’hiver sur place commencent à se faire la cour. Ils chantent pour bien marquer leur territoire, se prouvent leur amour par de belles parades nuptiales et se préparent donc pour la saison de nidification qui s’en vient. C’est le cas du Grand-Duc d’Amérique.

Donc mon but ce soir, sortir mes quatre enfants (et mon vieux chien) au chalet de ma belle-mère Cécile. Pas pour aller dans le chalet, oh que non… Je compte prendre une marche dans le chemin d’accès où il y a de grands arbres (des peupliers et des épinettes) qui sont propices à la venue du Grand-Duc. En plus, le chemin est large, très bien dégagé (sans branche et sans neige) et donc ce sera très facile de marcher dans la nuit pour les tites jambes qui m’accompagnent ce soir.

Je compte leur faire découvrir le chant du Grand-Duc d’Amérique.

Pour faire ça j’ai besoin : d’un speaker portatif dont le son porte quand même un peu loin et d’un cellulaire avec une piste audio de chant de Grand-duc d’Amérique (Great Horned Owl en anglais pour trouver le chant sur une plateforme de musique en ligne).

Nous arrivons sur place, j’ai oublié les lampes torche donc il fait noir comme dans le derrière d’un ours. Benjamin fait beaucoup d’observations de loups à l’autre bout des terres de son père alors tout le monde a peur qu’un loup nous attaque. Nos yeux s’habituent à la noirceur et finalement, ce n’est pas vraiment si noir car on distingue nos faces. Contre la peur ambiante, j’explique aux enfants que le chien nous préviendra si un loup approche (il va le sentir) et puis de toute façon, sérieux, avec le tapage qu’on fait, il y a peu de chances que le loup vienne nous croquer. Du coup, ils ont eu peur du big foot.

Je mets le chant du Grand-Duc en boucle dans mon speaker, on écoute un court moment des fois qu’il serait vraiment proche, puis on s’éloigne prendre notre marche nocturne. C’est vraiment très relaxant, les enfants jouent à se faire peur, les bébés me demandent seulement 2 fois d’embarquer dans mes bras. On s’arrête même pour se coucher à terre et regarder les étoiles. Il n’y avait pas d’étoiles mais de très jolies branches de peuplier qui faisaient comme des mains dans le ciel. La petite neige nous chatouillait la face.

En revenant au chalet, qu’elle ne fut pas notre surprise d’entendre le chant que nous étions venus écouter. Un Grand-Duc hululait juste à côté de mon speaker, haut perché dans un peuplier. On le ne voyait pas mais on l’entendait très bien. On s’est arrêté, Arnaud est allé éteindre le speaker en revenant à grande course des fois qu’un loup (ou un big foot) aurait été là pour le croquer.

On a écouté le chant du hibou un bon moment. « hoo-hoo-hoooooo-hoo-hoo » d’après Google. On s’est couchés de nouveau, on l’a imaginé beau et grand, perché sur son arbre avec ses grandes « oreilles ». Sacha et Mateo les bébés, m’ont épatée. Ils sont restés là un bon 15 minutes, couchés à terre en écoutant le hibou (j’étais sûre qu’ils s’étaient endormis).

C’était un moment très reposant pour lequel j’ai eu beaucoup de gratitude. Je crois que c’est important de remercier (en l’occurrence le hibou) quand on vit de tels moments. Ça fait du bien au cœur et à notre mental. On a pris une photo laite pour le souvenir du moment. Arnaud a imité son chant et le hibou est parti. Arnaud m’a demandé à combien de km était le hibou. Il était déçu d’apprendre qu’il était juste au-dessus de nos têtes et qu’il n’avait pas eu le temps de le voir. J’aurais dû lui dire avant.

Voici les questions auxquelles j’ai eu droit sur le chemin du retour (utilisez mes réponses si vous ne les connaissez pas vous-mêmes).

Mateo : elle est où la maman hibou ? Partie faire dodo ? Réponse de maman : Hum, je ne sais pas si c’était une maman mais le hibou est reparti dans la forêt pour chasser sa nourriture parce qu’il vit la nuit ! Si votre enfant est très curieux et qu’il demande comment il peut y voir la nuit, vous pouvez lui dire que le hibou se sert de son ouïe pour chasser car il entend et localise une petite souris sous la neige à des kilomètres.

Arnaud : est-ce qu’on peut savoir si c’est un mâle ou une femelle rien qu’avec le chant ? Maman : Je ne crois pas. Arnaud : Mais, vu qu’il est plus gros, il doit chanter plus grave ? Maman : Bin en fait, chez les oiseaux de proie, c’est la femelle qui est plus grosse que le mâle, toujours. Puis de toute façon on n’a pas deux chants pour comparer donc ça reste difficile de savoir.

Donc après quelques recherches à mon retour à la maison, il semblerait qu’on puisse reconnaître le mâle de la femelle seulement avec le chant parce qu’elle chante plus aigu que le mâle (bien qu’elle soit plus grosse) et que son phrasé est moins régulier. Je dirais que notre individu était un mâle vu que son chant était vraiment grave et profond mais surtout très rythmé et répétitif, à quelques secondes d’intervalle. En plus ça fonctionnerait avec le fait qu’il soit venu défendre son territoire contre un intrus (mon speaker).

Et là ça me fait penser que, sans en être vraiment consciente, je me suis fait passer pour un intrus qui venait lui voler son territoire et se mesurer à lui. Je ne recommencerais donc pas l’expérience régulièrement. Probablement même seulement l’année prochaine. Histoire de parfaire son entraînement à garder son territoire. Après tout, c’est de bonne guerre car je crois que c’est lui qui me réveille en pleine nuit l’été quand mes fenêtres sont ouvertes.

Je dis ça mais en vrai j’adore quand il vient chanter sous mes fenêtres l’été.

Merci de m’avoir lue !

Dans un objectif d’amélioration continue, je prend tous les commentaires, surtout ceux qui ne flattent pas mon ego !

en bas de la page ou en privé si vous préférez : marion.seg@live.fr

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Une réponse à « La soirée nocturne avec le Grand-Duc »

  1. […] Avez-vous remarqué le vol des corbeaux dernièrement (en Abitibi) ? Ça y est ils se mettent à voler à deux, à parader leur amour fidèle avec des cabrioles aériennes et des claquements joyeux. C’est déjà l’heure pour eux de se préparer à l’expérience parentale. À cette belle saison qui leur permettra de transmettre leurs savoirs aux générations futures. Pour les grands-ducs d’Amérique aussi, les chants nuptiaux doivent être commencés ! C’est d’ailleurs l’heure pour moi pis mes enfants d’aller en forêt la nuit pour écouter leur chant si particulier (voir La soirée nocturne avec le Grand-Duc – NatureEnFamille.ca). […]

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